Interview : Nicolas Gayon de retour à l'ESMS

15 ans après son départ pour l'univers du basket professionnel (Elan Bearnais Pau-Orthez Espoir 2000-2003, Denek BAT Urcuit (NM1, 2003 - 2006) Hermine de Nantes (Pro B, 2006-2015), Nico GAYON fait son grand retour dans son club formateur. Nous revenons avec lui sur les raisons de son choix.

"Je me suis toujours dit que je le ferai quand j'en aurais encore sous la semelle"

Photo herminenantes.fr
Photo herminenantes.fr

ESMS : Salut Nico. On y est, c'est l'heure du retour au pays ! Est-ce le choix du coeur ou est-ce que tu sentais que tu avais fait le tour du basket pro ?

 

Nicolas Gayon : Les 2 à la fois, c'était inévitable que je revienne à un moment où à un autre. Et je me suis toujours dit que je le ferai quand j'en aurais encore sous la semelle, histoire d'être capable d'apporter quelque chose sur le terrain. Après, je pense que la pire des choses pour un sportif pro est de faire l'année de trop, et c'est pour ça aussi que j'ai fait ce choix là. On est en train de faire la meilleure saison de l'histoire du club en proB et c'est sur cette note positive que j'avais envie de partir. Et puis, côté extra-sportif, cela ne concerne pas que moi. C'est aussi un choix familial. Avec Steph, on voulait revenir s'installer dans les Landes dans tous les cas et on a voulu en profiter aussi tant que les filles ne sont pas trop grandes. C'est un ensemble de "détails" qui fait que c'est le bon moment je crois.

ESMS : Tu es resté 9 saisons à l'Hermine, club que tu quitteras en Juin 2015 ! Comment expliques-tu cette fidélité à Nantes ? L'amour des crêpes bretonnes ?

 

N.G. : C'est vrai que c'est super rare dans le milieu pro ! C'était vraiment pas prévu au départ. En 2006, j'avais signé pour 1 an et c'était juste "pour voir". Puis je m'y suis vite plu et de prolongation en prolongation je me retrouve en 2015. En fait, j'ai eu d'autres opportunités pendant ces années mais j'ai toujours fini par me dire que je ne trouverais pas mieux ailleurs. Je prenais du plaisir tous les jours sur le terrain, l'ambiance était bonne, la ville agréable... Et quand tu élimines les clubs où t'as vraiment pas envie d'aller jouer, il n'en reste pas tant que ça! J'ai toujours accordé de l'importance au cadre de vie, et encore plus depuis que j'ai des enfants.

 

ESMS : Offrir la montée à l'Hermine serait un beau cadeau de départ, ne trouves-tu pas ?


N.G. : C'est vrai que ça serait beau de partir sur ça ! Mais bon, même si ça n'arrive pas, ça restera une saison historique pour le club car on finira à la meilleure place jamais atteinte depuis la montée en Pro B 20 ans plus tôt. C'est déjà pas mal...

"Le jour où je n'aurai plus la pression, je me mettrai à la pétanque !"

N°-9 à gauche - Champion d'Aquitaine Cadets à Pomarez avec l'USM (2000)
N°-9 à gauche - Champion d'Aquitaine Cadets à Pomarez avec l'USM (2000)

ESMS : Avec du recul, qu'as-tu appris en Pro B ? Comment as-tu améliorer, fait évoluer ton jeu pendant toutes ces années ?

 

N.G. : Sur le plan basket, je pense que j'ai appris et progressé dans tous les secteurs, que ce soit sur le plan individuel ou collectif. Mais, du fait d'une musculature beaucoup moins développée que TOUS mes adversaires (on peut pas dire que j'aurais fait du mal au matériel de muscu...), j'ai surtout appris à compenser et à m'adapter pour pouvoir m'exprimer sur le terrain.


ESMS : Tu atterris en Nationale III, 3 niveaux en dessous, où tu seras forcément un peu plus regardé que les autres. Cela te met-il la pression ?

N.G. : Je crois que j'ai toujours eu la pression depuis que je joue au basket, et c'est ça qui fait que je me suis toujours donné sur un terrain. Le jour où ça me fera plus rien je me mettrai à la pétanque. Et puis, la pression je la boirai après le match !

 

ESMS : L'an prochain, tu trouveras Mathieu DABADIE et Jean-Daniel Barrouillet avec qui tu as joué dans les équipes de jeunes (NDLR : ainsi qu'aux Espoirs de Pau et à Urcuit avec JD). Est-ce plus facile pour trouver ses marques ?


N.G. : Forcément oui ! Je n'ai que des bons souvenirs des années que j'ai passé avec eux. Mais bon, on a quand même bien changé depuis donc il va falloir certainement un petit temps d'adaptation.

"La Nationale III est un niveau qui correspond aux capacités des clubs landais"

ESMS : Tu vas aussi pouvoir jouer avec ton frère, Jérémy ! Comptez-vous former un duo infernal ?!


N.G. : Tu parles sur le terrain ou en soirée ?...


ESMS : Quel regard portes-tu sur le basket landais (ou dans le Sud Ouest) ? A-t-il beaucoup changé depuis ton départ ?


N.G. : J'ai toujours suivi attentivement ce qui se passe dans les Landes. Je pense qu'il y a deux cas vraiment différents : la N2 et la N3. Face à des clubs quasi-professionnels, les clubs landais (et même du Sud Ouest) en N2 ont de plus en plus de mal et ça ne va pas aller en s'arrangeant. En N3, par contre, on a des équipes qui s'en sortent plutôt bien, c'est un niveau qui correspond mieux aux capacités des clubs. Après, je ne suis pas sûr que le basket landais ait changé. Le niveau a certainement progressé, mais beaucoup moins vite que sur le plan national.


ESMS : Allez, avoue-le : tu reviens pour que la dèche (Cédric DESTRAC) soit le premier coach de ta fille aînée ?!


N.G. : Ah mince, j'avais pas envisagé ça... ça fait un choc quand même! Bon, heureusement, elle est plutôt gym pour l'instant. Et puis tant pis, si ça arrive il lui apprendra sa petite feinte à l'ancienne !


ESMS : Merci Nico pour cet entretien et bonne chance pour la fin de saison avec Nantes !

On en parle dans la presse !

Voici quelques articles qui parlent de ce départ :

Nantes Ma Ville - 19/05

Ouest France - 20/05

Sud-Ouest - 20/05/15

BeBasket.fr - 20/05/15


Thomas LABADIE