Interview José Soares, nouvel arbitre de Pro A !

José SOARES, arbitre licencié à l'ESMS, n'arrête pas de grimper les échelons. Arbitre national depuis longtemps, il atteint aujourd'hui le graal puisqu'il fait parti des privilégiés qui officieront en Pro A. ITW de notre meilleur homme en gris.

Présentation

ESMS : Bonjour José, peux-tu te présenter rapidement ?

José Soares  : J'ai 37 ans, bientôt 38 ! Sniff ! Actuellement, je travaille à Sainte Colombe dans l'entreprise Guignard (fabrique de volets, persiennes...) et je m'occupe des livraisons. J'habite à Bas Mauco depuis 3 ans, on a fait construire et on s'y plaît bien. Je suis un amateur de pêche, de ski, de quad et aussi de jet ski mais j'ai dû mettre ces hobbies pour l'instant de côté à cause du basket et de mon petit bout à la maison...mais je vais y revenir !!!

Son parcours d'arbitre

ESMS : Peux-tu nous décrire ton parcours de basketteur ?

J.S. : J'ai commencé à l'âge de 7 ans à Coudures mais comme j'étais le seul de ma génération, je me suis vite retrouvé à Montsoué pour jouer en minimes et cadets régions. J'y ai fait également mes débuts en séniors garçons puis je suis revenu à Coudures toujours en région. C'est à ce moment là que j'ai commencé à arbitrer et monter en région puis championnat de France, je suis donc allé jouer en département à Sarraziet avec les copains. Quand j'ai commencé les sélections pour le haut niveau j'ai arrêté de jouer, j'ai suivi également des formations d'entraineurs.

 

ESMS :  Quel a été le déclic qui t'a poussé vers l'arbitrage ?

J.S. : De mémoire, je devais avoir 17 ans quand j'ai commencé officiellement, pas de déclic spécial si ce n'est de vouloir rendre service au club, c'est après en voyant que je pouvais monter que j'ai pris goût. Et puis le fait d'avoir rencontré des personnes comme Jean Charles Roman de Pau (ancien arbitre international) ou Claudine Latrubesse (une des meilleures OTM de France) permet d'avoir toutes les personnes autour de soi pour pouvoir progresser.

 

ESMS : Des catégories de jeunes à aujourd'hui, comment as-tu réussi à grimper les échelons d'arbitrage ?

J.S. :  C'est très simple, on est évalué pendant la saison puis on monte les échelons, jusqu'au championnat de France (NM2). Ensuite, il faut passer par une sélection dans la ligue d'Aquitaine, puis dans la zone sud-ouest pour pouvoir accéder à la formation haut niveau. Là ça devient compliqué, car se regroupent 30 arbitres de la France entière, une formation sur 3 années et au bout seulement 5 places ! J'avais fini second de ma promotion, ce qui m'a permis d'arbitrer en NM1. L'année d'après, j'ai eu la chance de profiter que l'arbitrage à 3 en proA se mette en place pour pouvoir être nommé arbitre de Pro B. J'y suis resté 10 années, j'ai fait 3 playoffs et c'est uniquement cette année que j'arrive à accéder au plus haut niveau.

Sa nomination en Pro A

ESMS : Te voilà aujourd'hui arbitre au plus haut niveau, en Pro A ! Comment vis-tu cette désignation ?

J.S. : On a eu les résultats par le responsable des arbitres haut niveau, il m'a téléphoné un dimanche à 18h. Ils étaient en réunion à Lille pendant 3 jours pour faire les classements, c'est forcément une bonne nouvelle. Je me dis qu'il s'agissait d'une étape supplémentaire dans ma carrière d'arbitre, ni plus ni moins. Je n'ai pas le temps de réaliser ou de m'enflammer, je dois vite me préparer pour être prêt dès la première journée de championnat. En Pro A, ce qui est bien c'est que l'on arbitre toutes les équipes, n'importe où et n'importe quand. Donc je vais voir tout le monde cette saison et surtout découvrir de belles salles, de belles villes.

 

ESMS : Tu as longtemps officié en Pro B, peux-tu nous dire quelles sont les différences fondamentales avec la Pro A ?

J.S. : Déjà on passe de 2 à 3 arbitres, donc je dois modifier tous mes placements et déplacements. Je dois m'habituer aussi à siffler beaucoup moins car à 2, on siffle une fois sur deux alors qu'à 3, on peut passer 8 mn sans siffler une faute puis en avoir 5 de suite. La concentration est importante. Dans le jeu, ça va beaucoup plus vite, plus haut et surtout la vitesse d'exécution est plus importante. Aussi, on retrouve beaucoup plus de joueurs étrangers donc je vais réviser mon anglais tout cet été !

 

ESMS : Comme les joueurs, tu prépares en amont ta future rencontre ! Comment procèdes-tu ? As-tu un rituel ?

J.S. : Aujourd'hui il y a un outil indispensable, c'est la vidéo. Pour la Pro B, je connais toutes les salles, les joueurs, les entraîneurs... C'est donc plus facile pour préparer le match. Pour la saison prochaine, je vais découvrir donc à moi de scooter au maximum, de profiter de l'aide des plus anciens arbitres. Sinon, le jour du match, j'arrive toujours en début d'après-midi sur le lieu de la rencontre, sieste et petit café à 18h.

 

ESMS : Comment arrives-tu à concilier vie professionnelle, personnelle et d'arbitre ?

J.S. :  J'ai la chance d'avoir 2 amours à la maison. Cathy (mon amie) qui n'est pas du tout basket comprend tout à fait que c'est ma passion et m'encourage sans cesse lors des moments délicats et puis j'ai Maiana (mon petit bout de 2 ans) qui imite déjà son papa quand il passe à la télé. C'est un vrai régal de rentrer quand je m'absente quelques jours. L'accueil est formidable. Pour le boulot ça devient compliqué, quand on arbitre le mardi à Lille et le vendredi à Marseille, forcément on passe plus de temps au basket qu'au job ! Mais bon j'arrive à joindre les 2 bouts, pour la saison prochaine affaire à suivre....

Son regard sur le basket landais

ESMS : Quel est le plus dur : arbitrer un match de Pro A ou une finale de Coupe des Landes Guy Candau ?

J.S. :  Sans aucune hésitation, un match de Pro A. Sans aucune prétention, quand on a arbitré dans des salles de 6000 personnes, les arènes c'est beaucoup moins impressionnant, mais cela dit j'ai toujours grand plaisir à arbitrer la coupe. D'ailleurs j'ai arbitré cette année une demi : c'était un superbe match et j'ai pris beaucoup de plaisir.

 

ESMS : Parlons du basket landais. Avec l'expérience que tu as, trouves-tu que les coachs et les joueurs connaissent suffisamment l'ensemble des règles de basket ?

J.S. :  Je ne peux pas juger les entraineurs ni les joueurs, si j'en suis là c'est en grande partie grâce à eux. J'ai toujours des contacts avec le basket landais et heureusement car il ne faut pas oublier d'où l'on vient. Mais ça marche aussi dans l'autre sens, quand ils ont besoin de renseignements ils n'hésitent pas à me joindre, je crois que c'est comme ça que l'on progresse.

 

ESMS : Dans les matchs à enjeux, l'arbitre est seul sur le terrain et peut subir l'énorme pression de l'ensemble des parties prenantes . Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un débutant pour appréhender ce genre d'atmosphère ?

J.S. : Comme je répète souvent, arbitrer ce n'est pas difficile, il faut juste savoir quelle ligne directrice on veut donner durant la rencontre. Il faut donner des repères aux joueurs et s'y tenir, ils s'adaptent très bien. Après dans les moments chauds, il faut savoir être au dessus de l'évènement et garder son calme, nous sommes les seuls garants des règles et de l'équité sportive, on doit garder ça en tête. Que les autres s'énervent, râlent....j'ai envi de dire c'est normal car ils veulent tous gagner, nous on est là au service du jeu et pour que tout se passe bien.

 

ESMS : Enfin, peux-tu nous donner ton regard sur l'ESMS ? As-tu la possibilité de suivre l'actualité du club ?

J.S. : J'avoue, j'aimerai être là plus souvent mais une saison c'est long et avec tous mes déplacements, il faut savoir couper donc je ne suis pas souvent là. Par contre bien entendu, j'ai les résultats dans la soirée du match. Je pense qu'il faut de la stabilité dans les effectifs et ces dernières années, il y a eu beaucoup de mouvements, ce qui explique ces résultats moyens (ce n'est que mon avis). Je reste persuadé tout de même que notre place est en NM3 même si ça devient difficile.  Aussi, nous sommes toujours un club phare du département dans la formation, il faut continuer comme ça. On a la chance d'avoir un club structuré et ça c'est une grande force.

Merci beaucoup José d'avoir répondu à notre sollicitation. Nous te souhaitons bonne chance pour cette nouvelle aventure !